Soumission chimique : quatre vidéos pour détecter et agir
Face à l’augmentation de ce phénomène, le Cnom se mobilise et diffuse quatre vidéos pédagogiques. L’objectif : sensibiliser les médecins à ce nouveau mode d’action et les aider à repérer et prendre charge les victimes.
La soumission chimique consiste à administrer des substances psychoactives à l’insu d’une personne pour altérer sa conscience, dans le but de commettre un délit ou un crime. Mis en lumière lors du procès des viols de Mazan, ce phénomène reste peu ou mal connu. Ces situations qui touchent tout le monde, sans distinction d’âge ni de genre, restent largement sous-évaluées, alors même qu’elles recouvrent des faits graves : agressions sexuelles, vols… La raison ? Les symptômes les plus fréquents
– perte de mémoire, somnolence, fatigue, vertiges, propos incohérents
– ne sont pas caractéristiques.
De nombreux cas échappent ainsi au diagnostic et passent inaperçus. Les médecins ont un rôle clé à jouer : ils sont souvent en première ligne pour repérer les signes, recueillir la parole des victimes et orienter la prise en charge.
Une série de vidéos pour outiller es médecins
C'est pour cette raison que le Cnom propose une série de quatre vidéos courtes à destination des professionnels de santé pour leur permettre de mieux appréhender ces situations complexes.
Animées par le Dr Christine Louis-Vahdat, présidente de la section Éthique et déontologie du Cnom, et le Dr Leila Chaouachi, pharmacienne et fondatrice du Centre de référence sur les agressions facilitées par les substances (CRAFS), elles fournissent des repères concrets pour :
1. mieux comprendre la soumission chimique ;
2. identifier les signes d’alerte qui doivent conduire les médecins à prescrire les examens toxicologiques : quels symptômes surveiller et dans quels délais réaliser les prélèvements ?
3. maîtriser le processus de prise en charge des victimes : fiche de liaison, formulaire de consentement...
4. organiser le parcours de prise en charge de la victime et orienter vers les structures compétentes.
L’objectif de cette série de vidéos est double : améliorer la détection des cas de soumission chimique et proposer un accompagnement adapté aux victimes. Elles rappellent aux professionnels de santé les bons réflexes à adopter, notamment la prescription d’examens toxicologiques et le signalement aux autorités judiciaires.
+ d'infos Découvrez nos vidéos
https://youtu.be/S9ZbnX6Jkn0?si=cfs92M_heb4AjuGu
https://youtu.be/S9ZbnX6Jkn0?si=1giqMPfIFwiCjIuU
https://youtu.be/iTTvIB271Tc?si=AWoJ2YgUm2iN6Y-c
https://youtu.be/S9ZbnX6Jkn0?si=6rVVXXLH7F4czXyn
Une expérimentation pour améliorer ’accès aux soins
Ces vidéos s’intègrent dans une démarche plus large portée par le Cnom qui s'est positionné en faveur d’une évolution des pratiques et d’une meilleure prise en charge des victimes de soumission chimique. Depuis le 1er janvier 2026, une expérimentation déployée en Île-de-France, dans les Hauts-de-France, les Pays de la Loire et en Guadeloupe permet la prise en charge des analyses toxicologiques en l’absence de dépôt de plainte. Ce dispositif doit lever un obstacle majeur à l’accès au diagnostic, dans une logique de santé publique et de protection des victimes.
N° 103 MARS-AVRIL 2026 / MÉDECINS